« Ce que tourbé veut dire … »
Avec un nom qui signifie en gaélique “le détroit d’Islay”, un emplacement en face de l’île de Jura,
et une eau bien tourbée, la distillerie a toujours eu de quoi intéresser les amateurs de malts puissants. Bien que fondée en 1846, Caol Ila a été complètement remaniée vers 1972 par United Distillers (Diageo aujourd’hui). Compte tenu de la demande, elle a été à nouveau agrandie en 2011, ce qui porte sa capacité à 6,5 millions de litres par an. Élégants et bien tourbés, ses malts sont aujourd’hui disponibles en de multiples versions, mais existent aussi des malts non tourbés.
Jaune très pâle. Élégamment tourbé dès le premier nez, devenant plus puissant à l’aération. La tourbe phénolique s’impose dès l’attaque, avec des notes céréalières (froment) bien chaleureuses. L’alcool se fait bien sentir malgré la réduction, tandis que le tourbé persiste longuement. Un retour aux sources salutaire, pour rappeler ce que tourbé veut dire …
« Apéritif tourbé comme sur Islay » …
Créée en 1817 par le seigneur local, Hugh Monro de Teaninich (qu’on prononce “Tiann-inich”), cette importante distillerie des Highlands septentrionales n’a pratiquement jamais cessé de fonctionner depuis, hormis pendant les guerres. Mais ses malts sont restés longtemps rarissimes avant que Diageo, son propriétaire, ne se décide à en commercialiser une petite partie. Après 2 ans de travaux, sa capacité est passée à plus de 10 millions de litres.
Ambré chaleureux. Moelleux dès le nez, avec une belle rondeur maltée. La bouche est plus puissante, sur le caramel au beurre et la pomme cuite, avec quelques notes poivrées. La finition en fût de Côtes-de-Nuits lui apporte une certaine douceur, sans heureusement atténuer son caractère bien malté.
« Une double séduction » …
Portant le nom d’une ancienne distillerie de Campbeltown fondée en 1896, et dont le dernier bâtiment existant abrite un des chais de Springbank, Longrow est aujourd’hui un single malt distillé dans les mêmes alambics que ceux servant à élaborer le Springbank. Mais est utilisé un malt entièrement tourbé (et non partiellement), avec une double distillation classique, et un vieillissement uniquement en fût de réemploi. Ce malt, peu produit, a servi d’abord à donner des notes tourbées aux blends de Springbank, avant d’être commercialisé en single.
Ambré tirant sur le rosé. Nez puissant, légèrement vineux, avec la tourbe en arrière-plan. Attaque toute en vivacité, et même assez brûlante. Puis la douceur aux notes de fruits rouges (framboise, cerise) se développe, mais bien soutenu par une tourbe plus végétale que phénolique. Ensemble bien fondu, très agréable, car les dominantes vineuses et tourbées sont cette fois en pleine harmonie. Et la persistance a quelque chose de vraiment séducteur.
« Vraiment classieux » …
Fondée en 2012 avec des investisseurs asiatiques, cette nouvelle distillerie de Glasgow renoue avec un passé plus que centenaire, la dernière distillerie de ce type dans la grande ville d’Ecosse ayant fermé en 1902. Après un gin, a été lancée une gamme de single malts, baptisée 1770, date de la création de la première distillerie connue de la ville, dans un packaging très soigné.
Jaune légèrement doré. Nez puissant (malgré la réduction) avec un beau fruité. Moelleux dès l’attaque, il est bien fruité (fruits jaunes, un peu de raisins secs) mais évolue sur un corps plus sec et bien apéritif. Beaucoup d’ampleur en bouche, sur un ensemble aromatique bien fondu ayant de la classe. Une élégance à la fois puissante et d’une grande finesse.
« Sec, mais chaleureux » …
Créée en 1965, la distillerie, d’abord indépendante, est entrée ensuite dans le groupe Whyte & Mackay, qui changera plusieurs fois de mains. Finalement, c’est la société indépendante et familiale Angus Dundee Distillers qui rachète Tomintoul en 2000, puis Glencadam en 2003. Encore méconnue, Tomintoul a une activité importante (3,3 millions litres d’alcool par an) et une large gamme, non tourbée et tourbée, d’une quinzaine de références.
Jaune doré. Nez bien malté, plutôt sec sur des notes de fruits jaunes. Sec à l’attaque, voire brûlant malgré la réduction, le corps a de l’ampleur avec une dominante épicée (poivre noir). Bien chaleureux jusqu’à la finale, il se termine sur des notes de fruits secs (raisins de Corinthe, amande), mais la persistance est un peu courte.
« Réconciliant la grappe et le grain » …
Avec un ancêtre créateur d’une distillerie en 1782 à Dublin, et fils de John Teeling, qui a fondé Cooley en 1987, Jack et Stephen Teeling ont de qui tenir. D’abord embouteilleurs indépendants, ils proposent des assemblages (à partir des stocks de Cooley) très différents du style irlandais classique, plutôt doux et moelleux. En mars 2015, ils ont ouvert leur propre distillerie à Dublin.
Jaune doré, à peine rosé. Nez floral et fruité à la fois, d’une agréable rondeur. L’attaque, d’abord douce, se révèle ensuite plus puissante. Le corps est surtout sec, mais aussi bien fruité fraise, cerise noire). Bel équilibre général, avec une diversité aromatique franchement plaisante. Une finition très réussie qui réconcilie la grappe et le grain.
« Toute la chaleur de l’oloroso » …
Fondée en 1814 tout au sud de l’Ecosse, dans les Lowlands, cette ferme-distillerie possédant beaucoup de charme a été de nombreuses fois fermée puis réouverte au long de son histoire. La dernière fermeture, en 1993, a failli lui être fatale, même si elle avait été aménagée en centre de visite, mais un Irlandais à la recherche d’une maison de campagne en est tombé amoureux et a décidé de relancer la production depuis 1999. Menacée de fermeture, elle a été reprise en 2015 par l’australien David Prior, qui a relancé la production deux ans après avoir rénové
en grande partie la distillerie.
Ambré. Nez puissant, sur les fruits sur-mûris, le bois de santal et la cire d’abeille. Attaque franche, un peu brûlante, puis le malt s’épanouit sur de belles notes fruitées, liquoreuses avec une pointe d’épice et de poivre noir. Ample et d’une belle longueur, il est très chaleureux jusqu’à la finale, avec beaucoup de persistance sur le boisé et la vanille.
Fondée en 1875, cette distillerie est située en bord de mer, sur le Moray Firth. Une localisation qui la voit parfois classée dans le Speyside (très voisin), mais aussi dans les Highlands du Nord. Assez vite propriété des Highland Distillers, elle a été complètement rénovée à la fin des années
50, avec notamment le changement des alambics. Ses malts ont surtout été utilisés par les blenders. Mise en sommeil en 1986, elle a été rachetée par des investisseurs privés en 2008, qui ont relancé la production, puis reprise par le groupe BenRiach en 2013.
Le fût de chêne neuf américain a été toasté avant d’être utilisé pour la finition. Au nez, la vanille s’accompagne de notes boisées et fumées. La bouche est douce, voire moelleuse, sur le caramel au beurre, le gingembre, le bois grillé et des notes de fumées. La finale est plus épicée, avec une dominante de céréales et de fumée (d’après les notes de dégustation de la société Dugas).
« Promesse d’avenir » …
Fondée en 1814 tout au sud de l’Ecosse, dans les Lowlands, cette ferme-distillerie possédant beaucoup de charme a été de nombreuses fois fermée puis réouverte au long de son histoire. La dernière fermeture, en 1993, a failli lui être fatale, même si elle avait été aménagée en centre de visite, mais un Irlandais à la recherche d’une maison de campagne en est tombé amoureux et a décidé de relancer la production depuis 1999. Menacée de fermeture, elle a trouvé un repreneur australien en 2015, qui a relancé la production deux ans après Jaune légèrement doré.
Nez assez discret, sur les céréales avec traces de fruits rouges. L’attaque est bien plus puissante, voire brûlante, puis le corps bien sec combine une base maltée avec un apport plus vineux, voire tannique. L’ensemble est très harmonieux, puissant sans être agressif, le vineux apportant beaucoup de douceur fruitée. Portant un nom signifiant « renaissance », il est gage d’avenir pour cette distillerie, au moins espérons-le.
« Puissamment apéritif »…
Située à Thurso, tout au nord de l’Ecosse, la distillerie a été construite en 2012 par un groupe d’investisseurs, sur un site ayant déjà connu une distillerie entre 1821 et 1860. Avec un nom signifiant la source du loup, elle se veut de caractère artisanal, avec une distillation « lente et douce » selon ses créateurs. Plusieurs malts sont commercialisés, ainsi que des séries limitées.
Jaune très pâle. Nez un peu discret, sur le fruité et le malté, avec un peu de tourbe en arrière-plan. Chaleureux à l’attaque, sur un corps bien sec. Le malté est dominant avec des notes de poire et de coing, sur un fond tourbé. Harmonieux et très équilibré, un whisky encore jeune, très apéritif, avec de la puissance.