« Bien sec pour l’apéritif »
Propriété depuis 1838 de la famille Mackenzie, Glen Ord (dans les Highlands du Nord) s’est longtemps appelée Glen Oran, avant d’entrer dans le groupe John Dewar’s, devenu aujourd’hui Diageo. Autre spécificité, ses orges maltées sont produites sur place, mais sont également utilisées par d’autres distilleries du groupe. L’énorme succès du Singleton (produit par Glen Ord, mais aussi par Glendullan et Duff town) a entraîné une très forte expansion, avec une capacité de 11 millions de litres d’alcool par an.
Jaune pâle. Nez bien malté, avec du fruité (pomme, poire, prune jaune), assez doux malgré la forte présence de l’alcool. Attaque assez sèche et un peu brûlante, avec des notes de poivre accompagnant le fruité du nez. Bouche chaleureuse quoi qu’un peu piquante. Finale vive et épicée, mais de courte persistance. Très sec jusqu’au bout, parfait pour l’apéritif.
« Bien malté, paille comprise »
Remontant à 1810 sous le nom de Kilnflat, cette distillerie située à l’ouest du Speyside, dans le Findhorn, a toujours été essentiellement vouée à la production de malts pour les blends, surtout Ballantine’s. Sa commercialisation en single est surtout le fait des embouteilleurs indépendants. En 1927, ce fut la première distillerie dirigée par une femme, Margaret Nicol, qui n’était pas l’épouse ou la veuve d’un propriétaire. Les bâtiments ont été détruits en 2003 pour être remplacés par une distillerie moderne, aujourd’hui propriété de Pernod-Ricard.
Jaune pâle. Nez puissant, un peu fauve sur une base maltée. Attaque vive, assez brûlante, puis se développe un corps plutôt sec et très épicé, avec quelques notes de fruits jaunes (poire notamment). Céréales et paille sèche le rendent bien apéritif, avec des notes de poivre noir qui le réveillent jusqu’à la finale. Qui a dit que tous les Speyside étaient moelleux ?
« Elégant malgré sa puissance »
Bien que fondée en 1878, et modernisée un peu moins d’un siècle plus tard, cette distillerie du Speyside, dans la ville de Rothes, n’a jamais fait beaucoup parler d’elle. Il est vrai que ses malts sont depuis longtemps essentiellement utilisés pour élaborer le blend J&B, qui se réserve la quasi-totalité de la production, avec une capacité de 1,4 million de litres par an. Une rareté en single malt…
Nez céréalier, avec une note terreuse, pour ne pas dire tourbée, et aussi des notes épicées, un peu animales. Puissant voire brûlant en bouche, le corps est plutôt sec, avec des notes poivrées et de la prune jaune. Finale élégante, malgré la puissance, avec un fondu bien fruité.
« Un apéritif très complet »
Située dans une vallée reculée à la limite du Speyside, cette distillerie centenaire (fondée en 1898) sert depuis toujours à l’élaboration du blend Teacher’s. Malgré son importance – huit grands alambics – elle est encore méconnue, mais sa notoriété augmente depuis son acquisition par Jim Beam en 2005.
Jaune très pâle. Nez sec, plutôt épicé (poivre), avec des notes de fleurs blanches. Très vif à l’attaque, malgré la réduction, il développe un corps sec d’une grande finesse, sur le floral, mais avec aussi des notes minérales. Il devient ensuite plus puissant et un peu moelleux, dans un fondu bien élégant. Finale sèche très apéritive, sur le végétal (bourgeons de pin) et le poivre noir.
« Autant apéritif que digestif » …
Voisine de Longmorn, et construite un an après, en 1898, cette distillerie du Speyside n’a fonctionné que quatre ans… avant d’être fermée pendant 65 ans ! Mais sa malterie a longtemps été en service. Rachetée par Seagram en 1978, elle a été ensuite agrandie en 1985. Devenue propriété de Pernod-Ricard en 2001, qui l’a mise en sommeil aussitôt, elle a été revendue en 2004 à un groupe sud-africain. Depuis, ses malts, longtemps réservés aux blends, ont été renouvelés avec des créations très intéressantes. Elle a été rachetée en 2016 par Brown Forman, qui poursuit la même stratégie de qualité.
jaune pâle. A l’aération, il se révèle puissamment malté, avec des notes légèrement animales. Chaleureux à l’attaque, voire un peu brûlant (degré oblige), il se développe avec un agréable moelleux sur la prune jaune et la poire mûre. Bien épicé (poivre noir), il se termine sur une finale plus sèche mais bien fruitée, avec des notes d’amandes et de raisins de Corinthe. Autant apéritif que digestif, c’est dire…
« La belle vigueur du Speyside » …
Fondée en 1896, cette distillerie du Speyside est devenue la propriété des Highland Distillers, avant d’appartenir à Edrington Group. Rénovée et agrandie dans les années 70, elle élabore des
malts très appréciés des blenders. Elle a eu pour particularité de procéder sur place au maltage de son orge, en utilisant le système Saladin. Toutefois, la distillerie a été mise en sommeil en 2009. En 2011, Ian Macleod l’a rachetée, la production a repris un an après (mais le maltage a été arrêté) avec l’ambition de faire de Tamdhu un malt plus présent sur le marché.
Ambré. Nez bien malté, sur la pomme mûre, voire cuite, le vieux cuir et les meubles cirés. Attaque fruitée, avec du caramel au beurre, et vigoureuse malgré la réduction. Moelleux comme tout Speyside qui se respecte, il est bien équilibré, avec du raisin sec, et d’une longue persistance en bouche. Un agréable digestif.
« Sec et austère » …
Etablie sur les terres d’un prieuré bénédictin, où aurait existé une brasserie, cette distillerie du Speyside, au sud d’Elgin, remonte au moins à 1824, et a été modernisée à plusieurs reprises depuis, surtout dans les années 1970. Ses malts sont principalement destinés aux blends, et de ce fait peu disponibles en single. Depuis 2005, elle appartient au groupe Pernod-Ricard.
Jaune très pâle. Nez sec, sur le floral, le raisin blanc et le poivre noir. Très relevé à l’attaque, et bien sec, c’est avant tout un apéritif marqué par le poivré, avec du raisin de Corinthe blanc et des notes de fleurs blanches. Plutôt austère avec son caractère minéral qui marque la persistance, assez courte.
« Chaleureusement puissant »
Après un démarrage en 1878, la faillite d’une banque a d’abord retardé son ouverture jusqu’en1887. Située à Rothes (qui en compte quatre autres), dans le Speyside, cette distillerie a été par la suite agrandie deux fois, et compte aujourd’hui dix alambics. Mais ses malts sont rares en embouteillage en single, car l’essentiel est utilisé par les blenders. Elle appartient depuis 1999 à Edrington Group, mais ses malts sont distribués par Berry Brothers, au moins au Royaume-Uni.
Jaune légèrement doré. Nez puissant, un peu alcooleux, sur le malt avec quelques notes animales. Attaque sèche et brûlante (un peu d’eau n’est pas superfl ue), puis il se développe ensuite sur une base maltée avec un peu de boisé. Chaleureux et puissant, il offre des notes de fruits secs (amande, noisette, raisins de Corinthe) et un peu de poivre noir, et persiste assez longuement sur le boisé. Un excellent digestif de fin de soirée.
Bien poivré »
Ouverte en 1974, cette distillerie moderne du Speyside a remporté plusieurs prix d’architecture.
Se prononçant “Auth-rusk”, ce qui signifie “gué de la rivière rouge”, elle a un temps commercialisé ses malts sous l’appellation “The Singleton”, plus facile à prononcer. Possédant huit alambics, elle utilise une eau particulièrement douce, et une partie du vieillissement est réalisée en fûts de xérès.
Jaune pâle. Nez puissant, plutôt sec et poivré, avec des fruits jaunes. Attaque un peu agressive (un peu d’eau pour les palais sensibles) puis il devient plutôt moelleux, voire gras. Notes de miel (acacia ?) avec un corps puissant, mais aussi des fl eurs blanches et une pointe de poivre gris. Belle persistance sur le malté et le poivre.
« A l’apéritif, de toute évidence »
Cette distillerie au sud du Speyside date de 1825, fondée par James McGregor, célèbre distillateur clandestin. Mais ses malts resteront longtemps réservés aux blenders de DCL, qui en ont fait l’acquisition en 1930. Devenue propriété d’Inverhouse en 1997, ce groupe appartient
aujourd’ hui à une société thailandaise. Il n’y a pas de malt officiel, la commercialisation en single malt passant par les indépendants, notamment sous le nom Deerstalker.
Nez puissant, sur les céréales et la prune jaune. Très sec en attaque, voire brûlant (un peu d’eau est conseillé). En bouche, dominent les fruits secs (amande) et la poire William, puis évolution vers un peu d’astringence. Finale sèche mais chaleureuse, sur les fruits jaunes et l’amande. Apéritif, bien sûr, avec une longue persistance.